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Date de création : 11.05.2015
Dernière mise à jour : 26.07.2018
15 articles


Aide à domicile le matin, écrivain à la pause-déjeuner

Publié le 06/09/2015 à 16:09 par caroleewan Tags : aide à domicile écrivain auteure café bonne fille moi homme chez pouvoir vie roman enfants travail
Aide à domicile le matin, écrivain à la pause-déjeuner

 

Récit d’une auteure, obligée d’avoir un deuxième emploi, pour subvenir aux besoins de sa famille.

 

 

Levée aux aurores pour pouvoir m’occuper des toilettes et de l’habillage des personnes âgées, je me lève péniblement à cause d’un manque de motivation certain.

 

Autant se lever, en sachant que l’on va passer une bonne partie de sa journée à écrire est réjouissant, autant se lever en sachant que l’on va être mal reçu par la première personne chez qui l’on va aller travailler, n’est pas très motivant…

 

J’utilise difficilement ma main droite la première demi-heure de la journée à cause d’un problème de canal carpien qui a tendance à me donner des fourmillements et à me paralyser la main. Celle-ci n’apprécie pas particulièrement mon nouvel emploi et son utilisation abusive. Droitière, je n’ai pas d’autre choix que d’utiliser ma main droite pour balayer, passer l’aspirateur, la serpillère ou pour dépoussiérer les meubles.

 

Alors que mes problèmes de canal carpien sont apparus lors de mes longues heures passées devant l’ordinateur, lorsque je traduisais ou lorsque j’écrivais, c’est surtout quand je fais un travail physique que mon corps me fait comprendre que je ne dois pas trop abuser de mes forces.

 

Après avoir fait un tour dans la salle de bain, je prends rapidement mon petit déjeuner en ayant à peine le temps de jeter un coup d’œil sur mes e-mails ou sur mes éventuels messages Facebook importants. Puis, je me dépêche de sortir de la maison, l’état d’esprit tellement différent de celui si joyeux que j’arbore d’habitude lorsque j’emmène mes enfants à l’école. Ce manque de motivation vient avant tout du fait que je sais d’avance que je serai mal reçue par la première personne âgée dont je vais m’occuper et qui me fera sûrement des réflexions comme « Vous en faites de manières » ou « Vous n’allez pas bien vite » chez qui pourtant, je me démène pour tout faire le plus rapidement possible…

 

Mon état d’esprit ne doit cependant pas se focaliser sur ce genre de réflexions et je dois lui pardonner son comportement contrariant, sûrement dû à son grand âge et à sa vie qui fut rude quand elle était plus jeune.

 

Lorsque je la regarde, je me dis que je suis tout son opposé.

 

Elle a élevé quatre enfants tout en travaillant dans les champs. Un jour, elle m’a d’ailleurs dit qu’elle avait fait le travail d’un homme.

 

Quant à moi, mon mari me dit souvent en me taquinant que je suis une princesse… avec mes mains douces, manucurées par mes soins, mon maquillage et mes petites chaussures aux anneaux dorés. Même si j’y vis, je ne suis pas une fille de la campagne, c’est indéniable.

 

Alors, comment pourrait-elle me comprendre lorsque je lui demande si elle a une éponge pour nettoyer la poubelle ou les sols ? Le premier jour, elle me répond froidement : « Ne faites donc pas de manières ! Une éponge, c’est une éponge ! »

 

Ouille ! Effectivement, nous nous trouvons aux antipodes l’une de l’autre, dans deux mondes totalement différents ! Bon, je vais m’y faire, il n’y a pas de raison…

 

Puis, je repars et visite deux autres grand-mères, beaucoup plus sympathiques, à qui je fais la toilette et chez qui je fais le ménage.

 

Viens alors la pause-déjeuner.

 

Éprise d’un soudain sentiment de bonheur, je rentre chez moi.

 

Ma seconde journée va commencer… Celle que j’apprécie et au cours de laquelle je m’épanouis pleinement.

 

Ma seconde journée durant laquelle je ne suis plus aide à domicile, mais écrivain.

 

Comme je n’ai pas eu le temps de boire un café, même s’il est presque midi, j’en bois quand même un. C’est le café plaisir, celui dont je parle dans mon recueil de nouvelles, celui qui signifie que ma matinée de travail - physique et fatigant - est terminée. Car il faut quand même l’avouer, le travail d’aide à domicile est fatigant physiquement. J’ai l’habitude de travailler, assise derrière un ordinateur et ma fatigue est bien souvent liée aux réflexions intellectuelles, mon cerveau étant bien souvent embrumé à la fin de la journée. Cette fois-ci, c’est différent et c’est plutôt mon corps qui est fourbu. Mon dos me fait souffrir tout comme ma main dont j’ai de plus en plus de mal à me servir.

 

(à suivre… 2ème partie « Heureusement, il y a le côté affectif »)

 

Copyright Carole Ewan